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Ces centrales nucléaires qui inquiètent nos voisins Aktionsbündnis News
Veröffentlicht von Administrator (admin) am 15.04.2016
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Marc MAHUZIER.
La Ville et le Canton de Genève ont intenté une action pénale contre une centrale nucléaire française, à Bugey. Les Allemands s'inquiètent aussi de Fessenheim.

De notre envoyé spécial à Genève

Dans le café du centre de Genève, Anne-Cécile Reimann exhibe une liasse de vieilles coupures de journaux. « Regardez, on était des milliers à chaque manifestation ! C'était tellement facile de mobiliser. La centrale avait des pannes à répétition. Un jour, la neige a même fait crever le toit de la salle des machines ! »

Il y a trente ans, les antinucléaires suisses menaient le combat contre Creys-Malville (Isère) et son surgénérateur au plutonium. Combat victorieux, qui aboutit à l'abandon de Superphénix. « À l'époque, les gens nous soutenaient. On avait des moyens. Aujourd'hui, aux rassemblements, nous ne sommes que quelques dizaines », soupire l'ancienne institutrice, qui n'a rien perdu de sa verve batailleuse.

Qui, en Suisse, se soucie de la centrale nucléaire française du Bugey contre laquelle la Ville et le Canton de Genève ont déposé plainte début mars, réclamant sa fermeture ? Apparemment pas grand monde. « J'ai lu ça dans le journal. Sur le principe, je trouve normal de se préoccuper de la vétusté des installations nucléaires proches de chez nous. Mais la plainte au pénal est un peu exagérée. Cette centrale ne me fait pas peur. J'ai confiance dans les Français », commente Nicolas, 41 ans, cadre bancaire. Sentiment partagé par sa collègue Nathalie qui doute de l'issue de la procédure et, donc, de son utilité.

« Cette plainte est un devoir »
À 70 km de Genève, à 35 de Lyon, le Bugey est une des plus anciennes centrales nucléaires françaises. Ses quatre réacteurs en service depuis 1972 sont aujourd'hui dans le collimateur des autorités genevoises. À l'hôtel de ville de Genève, Rémy Pagani est l'âme de cette contestation. Il est l'un des cinq conseillers administratifs qui occupent à tour de rôle le fauteuil de maire. Pour lui, pas de doute, le Bugey ne donne pas suffisamment de garanties de sécurité. Il cite des failles dans l'enceinte de confinement, des anomalies dans le radier (socle). Et cette fuite d'huile dans le Rhône qui fit ajouter la mention « pollution des eaux » à la plainte pour « mise en danger de la vie d'autrui », déposée par l'intermédiaire de l'avocate Corinne Lepage.

À vrai dire, ce n'est pas la première fois que nos voisins saisissent la justice française. Le projet de créer au Bugey un site de stockage pour les déchets radioactifs a ranimé en 2010 la flamme des opposants. Plusieurs fois déboutés pour défaut de qualité à agir, les Suisses ont adjoint quatre plaignants français à leur action. « Si c'est encore classé sans suite, nous recommencerons », prévient Esther Alder, l'actuelle maire de Genève. Avec quelle chance d'aboutir ? « On ne se pose pas la question. Notre Constitution nous impose de garantir la sécurité de nos concitoyens, cette plainte est un devoir », justifie Antonio Hodgers, conseiller d'État Vert à l'énergie. Avec cet argument imparable : « Si un accident arrive demain, je ne pense pas que le gouvernement français pourra retenir la radioactivité à ses frontières. »

Vertueuse Genève qui ne consomme plus depuis dix ans un seul kWh d'origine nucléaire. Et qui, l'an prochain, aura banni le thermique, s'alimentant uniquement grâce aux énergies renouvelables. « Nous sommes un cas à part en Suisse », reconnaît Anne-Cécile Reimann, présidente de Contr'atom. Le pays dispose de cinq centrales nucléaires. En septembre, une votation populaire décidera de leur avenir. « Les cantons romans voteront pour l'arrêt, les alémaniques pour la poursuite. J'ai bien peur qu'on ne perde. »

Et Fessenheim alarme les Allemands
À 300 km au nord de Genève, changement complet de registre. Dans cette région du Bade-Wurtenberg au pied de la Forêt-Noire, c'est la centrale de Fessenheim qui fait peur. Et cette fois, la crainte est largement partagée par la population, comme en témoignent les panneaux contre l'atome apposés sur les maisons. « Fessenheim, 8 km », rappelle celui qu'Ursula a placé près de sa porte. « Je ne me sens pas en sécurité, je n'ai pas confiance dans les centrales et encore moins dans celle de Fessenheim qui devrait être fermée depuis longtemps », explique cette quinquagénaire.
Un de ses voisins, Walter, partage son appréhension. Il montre, garée sous un auvent, une caravane prête à partir, « au cas où ». La centrale a beau être toute proche, aucun plan spécifique d'évacuation n'est prévu. Et, comme à Genève, la population n'a pas reçu les pastilles d'iode qui sont distribuées en France aux habitants proches des installations nucléaires.

70 % de l'opinion pour la fermeture
Didier Nocus, militant de « Arrêtons Fessenheim maintenant ! », montre un petit avion au-dessus de nos têtes. « L'interdiction de survol de la centrale s'arrête à la frontière. C'est absurde ! » À quelques kilomètres, on distingue très nettement les masses claires des coupoles et, celle, plus sombre, du bâtiment central. Régulièrement, les habitants de Müllheim, Hügelheim, Heitersheim et Buggingen assistent à des lâchers de vapeur qui restent sans explication. « On n'est pas habitué à cette opacité en Allemagne. Cela renforce l'inquiétude des gens. » Surtout dans cette région à forte sensibilité écolo, en témoigne la victoire des Verts avec 35 % des voix aux élections du 13 mars dans le land !

Gauche ou droite, la classe politique tout entière réclame la fermeture de Fessenheim, soutenue par 70 % de l'opinion. « Depuis la catastrophe de Fukushima, les Allemands ne veulent plus courir le moindre risque. Les conséquences sont trop catastrophiques », explique Klaus Schüle, responsable de l'énergie pour le land du Bade-Wurtenberg. Dans sa mairie de Hartheim (5 000 habitants, à 3 km de la frontière), Kathrin Schönberger nous montre la lettre qu'elle a écrite à François Hollande pour lui rappeler sa promesse de fermeture. Personne, ici, ne comprend la politique française faite d'atermoiements et de renoncements. Les déclarations de Ségolène Royal, ministre de l'Énergie, un jour pour, un jour contre et qui annonce maintenant une prolongation de dix ans du parc français.

« Cette centrale est trop vieille, s'insurge la maire d'Hartheim. Les incidents sont réguliers. EDF est obligée d'informer notre administration à Fribourg, mais c'est toujours très incomplet, réduit au strict minimum. Les problèmes ne sont jamais importants. Même quand une canalisation lâche et qu'une salle des machines est envahie par 10 m3 d'eau, comme en avril 2014 ! »

Début mars, la presse allemande s'est fait l'écho d'un rapport sur la nature de cet accident. Son auteur, l'expert Manfred Mertins, affirme que sa gravité a été très minimisée et, qu'en réalité, les ingénieurs français ne parvenaient plus à arrêter le réacteur.

« Je comprends que les habitants de Fessenheim veuillent garder la centrale, admet Didier Nocus. Beaucoup de gens en vivent et EDF a toujours été très généreux. Mais nous, de l'autre côté du Rhin, cela ne nous apporte que du danger. »


Zuletzt geändert am: 15.04.2016 um 10:06:37

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